Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Castiel Willer le Mer 6 Aoû - 19:21

C'était une journée de merde qu'il avait là. Castiel avait passé sa journée à démonter le moteur d'une bagnole de luxe. Une Mercedes SLK 55 AMG, c'était un clochard qui lui avait ramené, il l'avait poussé désespérément sous la pluie jusqu'au garage de Castiel, sachant que celui ci en viendrait à bout. Tout le monde dans le Bronx connaissait ce garagiste hors paire, tout le monde savait qu'aucune voiture, moto, ou autre n'avait su lui faire face. Malgré cela, tout le monde ne l'avait pas rencontré en personne et tout le monde ne se rappelait pas non plus de son prénom. Mais chacun savait et surtout les femmes, qu'il y avait un mécano, magnifiquement sexy, dans le Bronx, qui était le roi de la mécanique ! Et chacun savait a peu près dans quel patté d'immeuble il se trouvait. Bill le clochard lui, connaissait par cœur l'endroit ou résidait ce beau mécano, ce vieux SDF pouvait vous décrire le lieu de tête. Oui, c’était un immeuble de trois étage, en brique rouge, bien qu'avec le temps elle avait finie par légèrement déteindre et que la moisissure avait essayé de s'y installer, le bâtiment typique des vieilles ruelles de NewYork avait gardé du charme. Le contour des fenêtres était marqué d'une pierre plus claire, le contour de la porte de même, les vitres de simple vitrage s'ouvrait du bas en haut, quant au toit, il était plat comme presque tous les bâtiments du coin et une corniche un peu endommagée en faisait le tour sur le devant du bâtiment. Une porte de garage en métal bleu gris abîmé occupait le rez de chaussé de l'immeuble, seul le propriétaire de celui-ci pouvait rentrer dans les appartements par là, c'est à dire Castiel. Les autres occupants empruntaient une porte d'entrée qui était derrière l'immeuble, donc sur la façade opposée à la rue. Certes pour un garage mieux valait donner sur la rue que dans une ruelle sombre ou il n'y avait de place que pour deux piétons, et encore ! en vu des tas de ferrailles et des poubelles qu'on exposait dans la ruelle de derrière, il fallait parfois se serrer contre les mur pour traverser, heureusement donc que la porte du garage donnait sur la rue et non la ruelle. Cette porte faisait presque la largeur du bâtiment, elle était assez impressionnante et comme endommagée elle faisait du bruit lorsqu'il s'agissait de l'ouvrir ou de la fermer. Un bruit sourd et métallique.

Après avoir compris que le bloc moteur était poreux cause à une fuite d'huile dans l'eau et avoir réussi à remplacer le joint de culasse qui merdait tout en écoutant le vieux Bill lui raconter qu'il avait trouvé cette voiture de prestige abandonnée depuis quelques jours dans l'ancienne décharge, Castiel se dit qu'il était temps de se poser un peu. Il avait passé sa journée penché sur la Mercedes et bien qu'elle était à son goût ! Il avait besoin d'une bière bien fraîche et d'une clope. Il conseilla à Bill le clochard de rentrer chez lui (ou du moins, dans sa rue ou se trouvait sa vieille cabane en taule), Castiel lui rapporterait la voiture demain et Bill lui donnerait l'argent qui lui devait pour le ré parage au moment convenu, c'est à dire : demain. Il serra la main du vieux Bill et sans le regarder partir il chopa vite son paquet de clope : vide.
Il était donc temps d'aller s'en racheter un, par la même occasion il boirait une bière au bar/tabac. Il ne prit pas la peine de changer son pantalon taché de cambouis et enfila son blouson de cuir par dessus son t-shirt noir, il se chaussa de ses vieilles chaussures de l'armé et ferma son garage. Il emprunta le chemin du bar à pied, sous la pluie fine et chaude de cet après midi d'été.

Il arriva à destination, c'était son bar favoris, son habituel, un peu sombre, un peu rustique, l'odeur de fumée de cigarette, les rires gras des mecs du coin et les femmes qui se laissent pas marcher sur les pieds. Il était d'ailleurs non pas ami, non pas proche, mais de bonne connaissance avec la serveuse et gérante du bar, il lui rendait quelques services d'ordre de bricolage ou mécanique, il l'avait même aidé à refaire la plomberie de l'arrière cuisine, même si celle ci ne n'était plus utilisée depuis longtemps. Il connaissait les habitués, il leur avait rarement parlé, mais il les connaissait, les mecs du bar aussi, et il ne se frottait pas à lui. Parfois il y avait quelques petites baston ici, rien de méchant aux yeux du mécano, lui on ne venait jamais l’emmerder. Il s'installa au bar, c'était l'endroit le plus calme ce jour ci (comme souvent), car dans la pièce les bonhommes du coin discutaient un peu fort, quasiment toute les tables étaient prises, les mecs riaient de leur voix grasse et grave, s’échangeaient quelques pains pour rigoler ou pas, hurlaient et tiraient sur l'alcool. Castiel commanda une bière blonde et trois paquets de cigarette. La commanda arriva devant lui sur le bar, il paya de suite et s'alluma une clope.  Il releva les manches de son blouson, car il faisait toujours un peu plus chaud dans le bar et s'appuya de ses coudes sur le bar, laissant son cuir ballant.



Surprise mon con ! La vie est pas si moche tu vois ?
« Ta gueule dieu, je t'emmerde. »
avatar
Castiel Willer
Administrateur
Administrateur

Citation : Et ma clé à molette dans ta gueule.
Masculin Messages : 376
Bloods : 193
Date d'inscription : 10/02/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Jeremiah Drysdale le Jeu 7 Aoû - 12:49

Ouais, on pouvait dire que Jeremiah avait eu une journée de merde à sa façon. C’était plutôt la continuation d’une suite de merde qui ne semblait plus finir. Son oeil au beurre noir et sa lèvre fendue pouvaient en témoigner. Ce qui le mettait le plus en rogne c’était qu’il ne s’était même pas blessé dans l’exercice de ses fonctions. Recevoir un poing à la gueule pour le Seigneur, ça il était toujours partant, il ne sourcillait pas d’être amoché si cela pouvait servir à se débarrasser de ces maudits suceurs de sang. Mais rien de cela n’était arrivé. Il était dans une série noire, aucun des endroits qu’il explorait ne semblait lui révéler ses secrets. Il savait que la ville regorgeait de ces bestioles, pourquoi n’arrivait-il pas à les trouver? Il savait qu’il ne devait pas se décourager, qu’il était investi d’une mission divine et qu’en aucun cas le Tout-Puissant ne le laisserait tomber, mais ces jours-ci, il battait franchement de l’aile. Surtout après la veille, il était revenu penaud, déçu, irrité de ce qu’il avait cru être une chasse. Mais le petit repaire derrière cette fausse buanderie n’était pas un repaire de vampire, mais de petit trafiquants minables. Ces mêmes petits trafiquants minables lui avaient alors fait mordre la poussière. C’était à peine s’il avait pu opposer une simple résistance, quand il n’y avait pas de vampires dans le coin, ou au moins ces humains infâmes qu’ils indoctrinaient, il ne sentait pas qu’il avait légitimité de leur faire du mal, il n’en était probablement même pas capable. Il avait alors boité pitoyablement jusqu’à chez lui. Le jeune homme avait déjà été plus amoché, il y étaient allé mollo, mais son orgueil en avait pris un sale coup. Son injection n’avait pas fait disparaître aucune douleur ou malaise, comme d’habitude, elle avait juste empêché que cela empire. La dernière chose dont il avait besoin dans le moment c’était une crise de tremblements et des vomissements à n’en plus finir. Il avait dormi toute la journée, avant d'émerger en sueur dans ses draps humides, le cliquetis  du robinet fuyant lui tapant bien trop vite sur les nerfs. Il devait sortir, sinon il allait devenir fou à lier. Sa tête lui faisait un mal de chien et se lever de son lit s’avéra être une aventure plus compliquée qu’il ne l’aurait cru. Peut-être s’était-il fait une commotion en tombant face première sur le béton, lancé par deux malabars dans un état d’ébriété avancée. Ce ne serait pas sa première, ni sa dernière, pour ce que son cerveau valait, il n’allait certainement pas aller se traîner chez le toubib. Il avait besoin de changer d’air, c’était comme si la chambre crasseuse qu’il avait louée l’enserrait comme un boa de plâtre pourri et il ne pouvait plus le supporter.

Il faisait noir lorsque le jeune homme émancié sortit le bout de son nez. Il avait depuis longtemps perdu l’habitude de s’éveiller avec les lumières du jour. Une semaine s’était à peu près écoulée depuis qu’il avait aperçu le soleil à son paroxysme par un midi sans nuage. Il avait besoin de quelque chose pour s’engourdir. Il y avait quelques mois de ça, il aurait su exactement ce dont il avait besoin, mais dorénavant il devait être plus créatif pour faire taire le bruit blanc qui résonnait entre ses deux oreilles. Il marchait lentement, encore boitillant, les mains dans les poches et les yeux rivés sur les craques dans le trottoir jusqu’à ce que des clameurs attirent son attention. Il s’arrêta, tournant la tête vers une porte ouverte à côté d’une enseigne. Un bar de quartier, de toute évidence. Mais pas le genre tristounet avec deux ou trois vieux et une dizaine de machines à poker.  Des bars, il en avait fait dans les derniers jours, tout un ramassis de lumière, de fumée, de danseuses avec les yeux morts, c’était d’une froideur impossible, comme des lames de rasoir. Cet endroit pourtant, lui donnait une impression contraire. Jeremiah Drysdale n’aimait pas beaucoup la compagnie d’autres êtres humains, en fait, d’autres êtres tout court, mais ce soir-là, il entra dans ce petit bar quelconque en se disant que ça ne pouvait pas être la fin du monde. Il pourrait s’étourdir dans le brouhaha pour quelques minutes avant de retrouver la force de se relever et faire quelque chose de sa carcasse. Peut-être avait-il juste besoin d’entrer dans un endroit sans être aux aguets, sans vérifier si le mobilier brûlait bien.

Il n’allait pas sans dire que le hunter, bien d'inexpérimenté, ne sortait jamais sans une arme quelconque fourrée quelque part dans une poche, mais il se sentait pas aussi prêt à l’utiliser que d’habitude. Il n’y avait pas beaucoup de place, l’endroit était petit et rempli par de nombreux petits groupes bruyants. Ils allaient lui taper sur les nerfs, mais peut-être était-ce cela dont il avait besoin pour sortir de son apathie. Douter n’était pas quelque chose à quoi il s’adonnait souvent, il espérait donc que cet endroit beaucoup trop humain lui redonne vite la volonté d’aller faire brûler de la sangsue. Jeremiah se glissa jusqu’à un tabouret du bar, commanda un soda sous le regard perplexe de la femme derrière le bar. Avec la gueule qu’il avait il aurait autant pu être un gamin perdu qu’un alcoolique sur le bord d’une rechute .Elle lui donna une canette d’un truc clair et ultra sucré pour un dollar et demi, il avait l’impression de se décaper les dents avec ce truc et c’était parfait. Puis il fixa un point sur le mur d’un air absent, laissant la musique de rires et d’insultes lentement remplir ses oreilles jusqu’à ce qu’il n’ait plus la capacité de penser, c’était ça le but. Cependant, un mouvement dans son champs de vision lui fit tourner la tête, ce n’était qu’un gars qui venait au bar commander quelque chose. Le mot cigarette lui donna l’eau à la bouche, pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt? Le jeune homme fixait sans l’ombre de subtilité celui qui s’allumait joyeusement une clope. Il le fixa assez pour remarquer quelque chose, une apparition furtive, une arme. Il n’était pas surpris, même les gens qui ne savaient pas qu’ils vivaient dans une ville envahie par les forces du mal s’armaient. Après un moment, son envie soudaine fut plus forte que sa timidité et il osa: « Hey… T’aurais pas une clope de trop? » Le ton n’était pas particulièrement aimable, mais bon l’effort y était. Avec de la chance sa tête démolie, son oeil au beurre maintenant très noir, sa lèvre fendue et sa joue enflée attireraient la sympathie de l’inconnu.
avatar
Jeremiah Drysdale
Modétareur
Modétareur

Citation : sans commentaire.
Masculin Messages : 107
Bloods : 109
Date d'inscription : 01/03/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Castiel Willer le Jeu 7 Aoû - 21:30

Ah putain la clope qu'est ce que ça faisait du bien, Castiel avait beau adorer son boulot qui était qui plus est sa passion, parfois il avait besoin de relâcher un peu. Il n'était pas un salary-man, ce genre de mec avec toujours avec la même excuse « je n'ai vraiment pas le temps », le genre de type trop occupé pour s'arrêter 5minutes boire un verre dans un bar un peu miteux, nan, lui il vivait à son rythme, il pétait pas plus haut que son cul, il n'avait pas besoin de se montrer dans des bar branchés pour se sentir bien, ni de fumer des cigarette électronique pour soulager sa conscience. Une cigarette une vraie, une bière, son bar miteux et son brouhaha habituel, ouais... ça lui convenait très bien. Habitué a se contenter de ce qu'il avait, il ne visait pas à habiter à Manhattan un jour, dans le Bronx on vivait pas aisément, mais au moins on savait apprécier les bonnes choses sans se soucier de son image. Bref Castiel était entier et il aimait ce qui était entier et franche. Alors quand il venait dans ce petit bar, qu'il entendait les blagues de connards de types du coin et leurs rires gras, il n'était ni agacé, ni gêné. Il se sentait dans un milieu d'abrutis et d'alcoolo certes parfois, mais au moins c'était du vrai, pas une image. Bon dieu qu'il détestait les salary-man qui ''n'avait pas le temps'' !
Il tira sur sa cigarette.
Cracha la fumée.
Retira doucement.
Et recracha lentement.
Il attrapa le cendrier à sa gauche et le fit glisser jusqu'à lui, c'est en tapotant sa cigarette, ôh précieuse, sa récompense, qu'il se fit interpeller par une voix de jeune homme. Il tourna la tête vers lui. Un gosse, de 18ans peut être ? 19 ? ou 20 pas plus !
Il avait l'air creusé, le visage sombre, les habits de même. Une aura spéciale émanait de ce gamin. Il semblait sortir d'un cimetière tellement son allure était noir. Le contour des yeux fébrile, la posture grave. Il lui demandait si Willer n'avait une clope de plus.
L’intéressé chopa un des trois paquets et le fit glisser sur le bar jusqu'au gosse.

« Vas-y gamin, j'ai un paquet en trop. »

La gérante qui essuyait des verres sourit au mécano et disparue dans l'arrière cuisine. Il le lui rendit puis se tourna vers l'inconnu à qui il venait d'offrir un de ces paquets de clope. Il ne l'avait jamais vu auparavant, ne l'avait pas même remarqué en entrant dans le bar. Qu'est ce qu'un gosse venait foutre dans un petit bar de bonhommes aux ventres à bière ? Ah oui, sans vouloir être méchant la plus part des hommes ici avaient de la bedaine à bière ! De la barbe ! Certains étaient des pères, alors c'était rare de voir des jeunes débarquer ici. Par ailleurs Castiel faisait bien parti des habitués les moins âgés du bar.
Il lui tendit son vieux briquet zippo de la main droite, il avait vécu celui la, il l'avait depuis ses 17ans, un cadeau qu'il s'était fait lorsqu'il galérait à trouver un toit et de la bouffe. Grâce à quelques jobs par ci, par là, il avait gagné un petit peu d'argent et le jour de noël alors qu'il cherchait une ruelle moins humide que les autres ou dormir Castiel était tombé sur ce briquet zippo en vitrine. Ce fut son cadeau qu'il se fit.

« Je t'ai jamais vu toi, qu'est ce tu fais dans le coin à cette heure ci ? »

Il reprit sa cigarette.

« Les rues de NewYork commencent à être dangereuses tu sais. La nuit arrive. »

Castiel sourit, il savait bien évidemment qu'il ne parlait ni de dealers ni de gang, mais de vampire. Mais comment son interlocuteur pouvait bien se dire qu'il parlait de vampire ? Ces petits sous-entendus le mécano en faisait de temps en temps, ça le faisait sourire. Les gens comprenait toujours ce qu'il fallait comprendre évidement et non pas ce dont il parlait réellement.
Il rattrapa sa bière et bu une gorgée.

chut:
Il tend le briquet de la main droite, ces manches de blouson en cuir sont relevées, if you know what i mean ! *clin d’œil, clin d’œil*



Surprise mon con ! La vie est pas si moche tu vois ?
« Ta gueule dieu, je t'emmerde. »
avatar
Castiel Willer
Administrateur
Administrateur

Citation : Et ma clé à molette dans ta gueule.
Masculin Messages : 376
Bloods : 193
Date d'inscription : 10/02/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Jeremiah Drysdale le Lun 11 Aoû - 15:43

Le gamin ne put empêcher ses yeux de doubler de taille lorsqu’il vit le paquet complet de cigarettes glissant vers lui comme poussé par l’intervention divine, ou le bras du gars au bar dans ce cas. Il ne dépensait pas d’argent sur ces trucs, son avarice était probablement une bonne chose vu ses tendances à la consommation. Mais un paquet complet, c’était comme Noël tout à coup. Jeremiah bredouilla des remerciements confus alors qu’il se saisissait du carton comme ayant peur que l’autre change d’idée et le reprenne. Il y avait une attrape, probablement, le jeune homme s’attendait à entendre la deuxième partie du deal, mais elle ne vint pas. Pas de paiement, pas de petit service? C’était franchement bizarre. On ne donnait pas un paquet de cigarettes complet que l’on venait d’acheter. La surprise laissa alors place à une perplexité méfiante sur le visage blessé du jeune homme. Quelque chose ne tournait pas rond, était-il en train de se faire avoir ici? Si on lui avait donné ces trucs dans un autre bar il aurait probablement refusé, mais il y avait quelque chose ici de franc et d’un peu pitoyable qui le mettait relativement plus en confiance. Il était en train de délicatement sélectionner une cigarette du paquet comme un chirurgien aurait tenu un scalpel lorsque l’autre lui tendit son briquet. Ça, il n’avait vraiment pas besoin de la charité dans ce département. Du feu, il en avait toujours. Comme la générosité de son interlocuteur le mettait déjà un peu mal à l’aise il fit signe assez équivoque de refus, avant de farfouiller ses poches pour trouver un des trois ou quatre briquets bon marché qu’il avait fourrés ça et là. En ayant trouvé un, le genre transparent en plastique envoyé en paquet de millions de par la Chine, il alla allumer sa clope, comme un grand, dans l’anticipation de sa première bouffée. Il en rêvait sans le savoir depuis des jours. Mais quelque chose interrompu le court moment de béatitude où la flamme prit dans le tabac, la voix de l’homme du bar, qui continuait la conversation. La transaction n’était pas finie, si de la conversation était la seule chose que le type demandait en échange de son cadeau, il se conterait chanceux, mais c’était rarement le cas. Sa question lui fit plisser les yeux. De quoi à cette heure-ci? Aux dernières nouvelles, ils étaient en Amérique, dans un pays libre sans couvre-feu. Il n’avait pas souligné la manière dont il l’avait appelé « gamin », mais fallait pas pousser non plus. Il lui donnait de quoi se chopper un bon vieux cancer du poumon mais il s’inquiétait de le voir hors du lit passé neuf heures? Un peu de cohérence ici.

Sa seule réponse fut une mine sceptique, sur quoi l’homme plus âgé enchaîna. Il eut envie de rire, bien qu’il n’était pas un rieur. L’ironie de la situation était un peu trop grande ici. D’abord, ce gars était-il en train de dire à un gars qui s’était visiblement fait rosser quelques heures plus tôt que les rues n’était pas sûres? Et de plus, quand ledit gars mettait sa vie au service de l'annihilation complète des forces du mal? Il allait lui rétorquer bien sec lorsqu’il remarqua que l’autre souriait, comme si tous deux comprenaient qu’il avait dit quelque chose d’hilarant en fait. Décontenancé par ce qu’il voyait, il ne fit que répondre un: «Ouais… J’sais. » Il baissa alors les yeux, prêt à pivoter sur son banc pour faire dos à l’inconnu et ainsi couper court à l’altercation, mais un détail lui revint, une espèce de vision rétroactive de ses neurones qui avaient fini par connecter, agitées par la nicotine. L’homme, lorsqu’il lui avait tendu son zippo dans un espèce de geste paternaliste non-sollicité, il lui avait montré quelque chose, une croix sur son bras. Soudainement, le jeune hunter se trouva en plein délit de nostalgie, repensant à Fergus. Ce n’était pas le temps de tomber dans les sentimentalités, mais son instinct essayait de lui dire quelque chose. Écouter son instinct lui avait toujours servi jusqu-là, se pouvait-il que ce gars au bar soit plus qu’il ne le laissait entendre. Peut-être que c’était le soudain afflux de présence humaine qui lui faisait perdre les pédales, mais ce pouvait-il que ce gars soit… Comme lui en fait?

Il n’avait jamais rencontré personne comme lui, enfin, à part Fergus évidemment, mais il ne savait même pas s’il y en avait d’autres. Le jeune homme qui s’était trouvé à détourner les yeux de son interlocuteur, le regarda de nouveau, habité de ce début de réalisation soudain. Il savait que ce n’était pas poli de fixer, mais il ne dardait pas des politesses et coutumes. Tirant une bouffée de sa cigarette coincée entre ses doigts il le détailla longuement. Il avait des cicatrices au visage, ç’aurait pu être n’importe quoi, un accident débile, mais ça pouvait être aussi le même genre de cicatrices qui par miracle avaient évité le visage du jeune hunter jusqu’à maintenant. L’avait-il reconnu? On dirait que tout le monde qu’il croisait dans cette foutue ville pouvait lire en lui comme un putain d’annuaire téléphonique. Du genre «Bonjour, je m’appelle Jeremiah Drysdale et j’aime faire des barbecues de vampire. » Mais lui, il avait l’impression d’être dans la brume, d’y aller au hasard. Peut-être se trompait-il ici? Peut-être devait-il y aller subtil, si l’autre comprenait, ils étaient pareils, enfin, presque. Reprenant la conversation où il l’avait laissée tomber il y avait de cela beaucoup trop de secondes, il répéta:  «Je sais c’qu’y a dans les rues la nuit. » Il avait appuyé sur son verbe de manière très peu naturelle mais assez claire. Il ne savait pas pourquoi il faisait ça. C’était peut-être l’espoir stupide de rencontrer quelqu’un qui faisait la même chose que lui, quelqu’un qui connaissait les endroits, les trucs. Il se sentait comme un gamin en pensant cela, c’était un peu pitoyable. Il avait déjà la guidance divine, pourquoi avait-il besoin d’en chercher d’autre. Il regretta soudainement d’avoir parlé, se réfuigant dans sa cigarette, de peur de la gaspiller.
avatar
Jeremiah Drysdale
Modétareur
Modétareur

Citation : sans commentaire.
Masculin Messages : 107
Bloods : 109
Date d'inscription : 01/03/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Castiel Willer le Mar 12 Aoû - 11:36

Il avait été gamin lui aussi, il avait airé dans les ruelles sombres de New York pendant plus d'un an avant de se trouver un toit et une pièce de 12m²  ou dormir. À l'époque dieu savait à quel point il galérait, mais à part son addiction pour la cigarette il n'avait jamais dépenser son argent comme un goret. Il avait rencontré des fumiers qui l'avaient sous payé, des sales cons qui avaient essayé de le faire travailler gratuitement, des enculés qui avaient joué les hypocrites et à l'époque seul contre tout ça, il aurait aimé que quelqu'un lui tende la main. Son père par exemple, il avait jamais été très présent mais il tenait son rôle de père correctement et si avant qu'il devienne un suceur de boule il avait pu accompagner son fils dans les rues de New York, aujourd'hui Castiel vivrait à coup sur à Manhattan dans les plus belles demeures de la ville. La vie en avait décidé ainsi, et contre toutes attentes celui qui avait vécu dans la richesse étant jeune, préférait s’accommoder du modeste dans sa vie d'adulte. Enfin, aux yeux de Castiel il avait ce qu'il voulait, un garage, des bagnoles à retaper, et un toit sous lequel vivre, il avait de quoi s'acheter à bouffer, des clopes, des vêtements quand nécessaire et il mettait de côté aussi, au cas ou un jour il aurait besoin de plus d'argent, il avait su en placer.
C'était pas le luxe, mais c'était plus que convenable. Et ça lui allait bien.
Alors quand il avait vu ce gosse lui réclamer des clopes, il s'était reconnu en lui. Bien qu'il avait pas une gueule de drogué. Un paquet de cigarette et du bonheur, il pouvait au moins lui offrir ça. Il aurait aimé qu'on fasse de même à son égard. Vivre à New York, dans le Bronx en galère c'est pas simple.
Soit, songeant à tout cela, ça ne lui avait pas empêcher de blaguer en faisant un sous entendu sur les vampires que seul lui pouvait comprendre. Mais encore une fois contre toutes attentes, la vie en avait décidé autrement, le gamin avait répondu qu'il savait et Castiel avait sourit discrètement. Durant ce temps ou il buvait quelques gorgés de sa bière et ou il s'allumait une seconde clope le gamin annonça quelque chose d'étrange, de sous-entendu et inattendu...
Il savait ce qu'il y avait dans les rues la nuit.

[…]

Castiel posa sa bouteille et détourna ses yeux d'un mélange turquoise vers le gosse qui l'avait fixé, celui ci se remit à sa cigarette.
Woaw, comment ne pas capter ce qu'il voulait dire, il avait insisté sur le verbe. Castiel avait déjà eut affaire à des Hunter sans réellement les rencontrer, mais quand il avait trouvé des cendre à plusieurs coin de rues, il s'était douté de deux choses :

-Soit les vampires s'entre tuaient, mais dans le même coin c'était bizarre vu qu'ils semblaient s'allier et non se tuer.

-Soit quelqu'un comme lui les tuait aussi.

Ou alors c'était les deux, et c'est ce qui semblait être. Castiel se figea quelques seconde dévisageant le gamin. Il était un peu surpris, surtout dans le doute, lui il se montrait discret, ceux comme lui devait faire la même chose alors, il devait en avoir le cœur net.

« Ah ouais, vraiment... ? »

Il se tourna un peu vers la gauche pour mieux s'adresser à son interlocuteur.

« Je m'appelle Castiel Willer, je me bats à New York depuis 11ans maintenant et j'aime pas vraiment les sangsues et toi ? »

Il lui sourit en fronçant les sourcils, sur de lui.



Surprise mon con ! La vie est pas si moche tu vois ?
« Ta gueule dieu, je t'emmerde. »
avatar
Castiel Willer
Administrateur
Administrateur

Citation : Et ma clé à molette dans ta gueule.
Masculin Messages : 376
Bloods : 193
Date d'inscription : 10/02/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Jeremiah Drysdale le Mer 13 Aoû - 14:36

Il s’était probablement imaginé tout ça, les sous-entendus, la croix, les cicatrices, cela n’avait probablement aucun rapport ensemble et il se faisait des idées . Peut-être s’était-il vraiment blessé à la tête et il se mettait à imaginer plein de trucs débiles. Allez Jay, fume ta clope et va-t-en avant de t’humilier pour de bon. L’autre allait probablement lui jeter un regard perplexe au mieux, méprisant au pire avant de s’éloigner, se disant qu’il avait mal fait de gaspiller un paquet complet sur un taré. Et puis pourquoi s’en inquiétait-il? Des regards de travers il en recevait un et un autre à chaque heure qu’il sortait du trou où il habitait pendant le jour, pourquoi celui-ci était différent? Il ne connaissait même pas ce type. C’était quoi son problème tout à coup? À s’attacher à des inconnus à cause d’un simple tatouage que n’importe quel idiot pouvait s’être fait parce qu’il aimait le rock chrétien ou il pensait que ça serait cool. Mais l’homme au bar bougea, il le dévisageait, pas comme on dévisageait un simple d’esprit, il faisait probablement la même tête que Jeremiah avait fait lorsqu’il avait eu sa pseudo-réalisation. Il le relançait, le gars du bar, ses deux yeux bleus fixés sur lui le relançait. Était-il en train de se moquer de lui? Difficile à dire. Il avait l’air sérieux. Était-il simplement très bon acteur?

Et l’homme, ce dénommé Castiel Willer, se tourna vers lui et lui débita tout ce qu’il voulait savoir, comme en code secret, mais c’était clair, limpide, comme de l’eau de roche. Il s’appellait Castiel Willer, et ça faisait 11 ans qu’il chaissait ici. 11 putain d’années. Jeremiah n’en croyait pas ses oreilles. Il ne répondit pas à la question, et fixa bêtement, comme un poisson au bout de la ligne, sa cigarette brûlant entre ses doigts sans personne pour la fumer. «Tu te fous de ma gueule », dit-il lentement. Il ne disait pas cela comme quelqu’un qui croyait être en train de se faire mener par le bout du nez, mais comme quelqu’un qui voulait, qui voulait vraiment croire qu’on n’était pas en train de lui mentir. C’était comme trop facile, il y avait sûrement une attrape, il ne pouvait pas simplement tomber sur un autre chasseur comme lui, par hasard, dans un bar miteux du bronx. C’était trop bizarre. Ce type, il faisait ça depuis 11 ans et il était encore en vie, il ne pouvait pas y croire. Mais le gars disait vrai, il n’aurait pu dire de telles choses si il ne savait pas de quoi il était question au départ, le hasard ne faisait pas si bien les choses. Même si les faits s’enlignaient tous très bien, il avait toujours l’impression que c’était une mauvaise blague. Il fit non de la tête, tira une longue bouffée de son mégot avant de dire: «Non, t’es vraiment en train de te foutre de ma gueule ». Il ne savait pas pourquoi il ne se permettait pas de croire à cela, peut-être qu’il avait trop l’habitude d’être déçu, trompé, et seul… Surtout seul en fait. Allait-il se jeter comme un gamin stupide, juste à la vue de cigarettes et de quelqu’un qui lui ressemblait à peine? Il ne savait pas, il n’était pas sûr que cela en vaille la peine… Eh puis merde, au moins ça rendrait cette semaine autre chose qu’inutile.

Il avait décidé de le croire. Abaissant son regard creux sur la canette de soda devant lui, il marmonna plus pour lui-même: «Onze ans. Putain... » Le jeune hunter n’avait jamais demandé combien de temps Fergus avait passé à appliquer la volonté de Dieu, vu son âge de dinosaure quand il s’était fait éclater, çe devait être encore plus que ça, mais il ne le saurait jamais. Et penser à Fergus ne lui était d’aucune utilité désormais. Il était mort, et peut-être enterré, ça il ne le saurait jamais. Se sentant tout à coup très jeune et très bleu il se risqua, se trouvant ridicule dans le processus: «Ça fait 6 mois... » Bien sûr, il avait rencontré Fergus bien avant cela, et il ne comptait pas les mois d’entraînement, de sevrage. Mais cela faisait maintenant 6 mois, plus ou moins, il n’avait pas compté les nuits, depuis cette fois fatidique où il avait défoncé ce vampire à coup de brique. Il avait l’impression que c’était hier, tellement rien ne s’était passé entre temps. Il avait brûlé un ou deux endroits, des trucs minables, des taudis où ces trucs vivaient. Ils n,avaient même pas eu l’air de savoir pourquoi il voulait les tuer, ce qu’ils étaient. C’était du menu fretin, de la chair à canon. Ses yeux prirent une drôle de lueur, un peu maniaque ou un peu désespérée alors qu’il laissait aller sa frustration: «Je sais qu’ils sont là. Il sont partout. Mais ils se cachent. J’ai beau savoir, je les trouve pas, ils s’échappent toujours... » Ses paroles attirèrent l’attention de la femme du bar qui prit un air perplèxe. Il sonnait probablement comme un paranoïaque, un schizo. Il la vit alors lancer un autre regard inquiet à Willer, elle se demandait probablement ce qu’il faisait à lui parler.
avatar
Jeremiah Drysdale
Modétareur
Modétareur

Citation : sans commentaire.
Masculin Messages : 107
Bloods : 109
Date d'inscription : 01/03/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Castiel Willer le Ven 15 Aoû - 21:34

Son instinct le trompait rarement, c'était sur. Alors honnêtement il était persuadé que le gosse savait de quoi il parlait et il allait bientôt le savoir. Apprendre qu'il s'était trompé aurait été la honte la plus totale pour lui, l'affiche ! Et pire il aurait révélé qui il était à une personne qu'il ne connaissait pas, en qui il ne pouvait avoir confiance. Certes, personne n'aurait été croire un gamin qui hurle à tout va qu'un homme chasse des vampires dans la ville depuis 11ans. Mais tout de même, si le gosse avait été un humain ignorant, ça aurait été risqué de le mettre sur la piste. Impatient était le mot, Castiel attendait la réponse du jeune homme pour être fixé et il ne le fut pas de suite, d'abord étonné.
Il jurait, contre Castiel, mais ce n'était pas réellement un reproche, plus une idée qu'il ne semblait pas pouvoir croire. Le mécano l'écouta jurer en silence, il continuait de boire sa bière, apparemment il ne s'était pas trompé, il en était quelque peu rassuré. Quelques mecs rentrèrent dans le bar en même temps, des motards, ils virent Castiel et lui firent un geste de la tête au loin pour le saluer, il y avait du monde ici, ce n'était pas l'endroit idéal pour parler, mais comme chaque bonhommes était dans son verre, on ne s'inquiétait pas de se faire écouter ici. Ils tapèrent l'épaules de Castiel avec leurs mains pour le saluer, et le concerné leva la main sans se retourner pour leur répondre. Il était trop occupé à converser avec le gamin qu'à s’intéresser à des hommes déjà chaud avant d'entrer dans le bar.
Le gosse en question avait l'air abattu, mais il sembla se résigner à parler, il annonça que cela faisait six mois qu'il était au courant, Castiel leva les yeux, fixant un point invisible en face de lui, il l'écoutait attentivement alors qu'autour de lui la fumée de cigarette les enveloppait car ils n'étaient pas les seuls à fumer dans le bar.  Il se souvint rapidement du jour ou il avait su, su pour les vampires et tout ça... ça avait été traumatisant et sanglant. Alors parfois il se disait que là était son fardeau pour ne pas avoir été assez fort ni assez conscient de ce qui se passait autour de lui. Il restait un humain après tout, mais à cause de son ignorance, il avait perdu l'être le plus cher qu'il avait, il imaginait que c'était souvent comme ça que ça se passait pour les autres et que ça se passerait pour les suivants. Au fond de lui il ne pouvait s'empêcher de compatir pour le gosse, s'imaginant que vu sa réjouissance face au sujet, la nouvelle avait du être dure à encaisser.
Il fronça les sourcils, tira sur sa clope en espérant faire disparaître cette affreuse boules dans sa gorge, aujourd'hui son plus gros fardeau n'était pas de combattre des monstres, mais de vivre sans elle. Sans sa mère.
Il recracha la fumée et ses songes s'envolèrent avec, le gamin reprit la parole, il exprima sa frustration et sa rage. Il les traquait mais ces vermines s'enfuyaient toujours, c'était un vrai cauchemar pour lui de ne pas réussir à mettre la main dessus. Castiel remarqua le regard que la gérante du bar, Amy, lui lança et pour rassurer cette dernière il enchaîna de suite en soupirant :

« C'est vrai que ces rats sont un vrai problème de nos jours ... »

Elle rit doucement semblant rassurer de savoir réellement de quoi parlait le gamin, elle se pencha vers le concerné et s'adressant à lui elle lui dit :

« Moi aussi il y a 6 mois j'ai eu un problème avec ces saletés de rat et c'est toujours pas fini ! Il n y a pas un soir ou je rentre chez moi et qu'ils ne guettent pas la porte d'entrée ! Je sais pas comment faire pour m'en débarrasser ! »

Castiel reprit sa bière dans sa main et enchaîna :

« Fais attention de ne pas te faire mordre Amy

- Oh ! Ne t'en fais pas pour moi beau gosse ! »

Il s'inquiétait pas des rats et pour Amy parfois il se faisait quand même du soucis. Ce n'était pas inévitable qu'un jour les vampires s'en prennent à elle.
Elle se releva, adressa un sourire enjôleur au jeune hunter, elle devait le trouver à son goût, elle salua aussi le mécano de la main et disparue dans l'arrière cuisine.

« Ne te torture pas l'esprit, au début on cherche à tous les tuer, c'est la rage qui nous embrasse. J'imagine qu'avec le temps tu apprendras à mieux choisir ta cible, pour mieux la tuer. C'est comme ça qu'ils font eux et crois moi je sais de quoi je parle... »

Castiel pointa du doigt ses nombreuses cicatrices sur son visage en souriant. Il en avait vu des vertes et des pas mures au début, parfois il se prenait encore de sacré coup, ça marquait.

« Seul tu ne les effaceras jamais de la ville, mais je sais que tu en as conscience, maintenant il te suffit de l'accepter. »

Il détourna le regard pour boire un coup de sa bière, il la termina et reprit.

« Quoi qu'il en advienne et que ça te serve, j’habite pas loin. Alors si une nuit la rage te prend et que tu as envie de la partager je suis le mécano du coin. Demande à qui tu veux, on t'indiquera le chemin jusqu'à chez moi. »

Castiel déposa quelques pièces de pourboire sur le bar comme à son habitude et attendit une réponse de la part du jeune hunter dont il ne connaissait pas même le nom. Cependant il sentait quelque chose de singulier venant de ce gosse qui lui faisait penser qu'avec un peu de sagesse, il s’avérerait être un bon allié.



Surprise mon con ! La vie est pas si moche tu vois ?
« Ta gueule dieu, je t'emmerde. »
avatar
Castiel Willer
Administrateur
Administrateur

Citation : Et ma clé à molette dans ta gueule.
Masculin Messages : 376
Bloods : 193
Date d'inscription : 10/02/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Jeremiah Drysdale le Jeu 4 Sep - 18:46

Il n’avait cure de ce que les autres pouvaient bien penser de lui. Si la bonne femme du bar le prenait pour un débile, ça ne changerait pas grand chose dans sa vie. Il faisait son chemin tout seul, moins de distractions, moins d’embuches. Les autres n’avaient pas d’effet sur lui et ils n’en avaient pas sur eux. Il ne faisait pas ce qu’il faisait pour eux. Tant mieux si le fait de tuer des vampires leur sauvait la vie, mais ils ne faisaient pas partie de l’équation. Il chassait ces trucs parce qu’il le devait, c’était l’ordre naturel des choses. Jeremiah ne la regarda même pas après avoir remarqué son attention vers leur conversation. Willer vola cependant à la rescousse, inventant une histoire de rats. Mais ces trucs étaient pires que des rats, les rats n’avaient pas la prétention de se prendre pour les rois du monde, les élus de Dieu. Les rats étaient comme eux en fait, ils essayaient juste de survivre. Ce fut assez pour convaincre la barmaid de l’innocence de leur conversation, pour ce que ça pouvait servir. Ce gars devait venir ici souvent, il avait une couverture à maintenir ou quelque chose. Il n’écouta qu’à moitié la réponse de la femme. Il n’avait pas vraiment d’autres intérêts que la chasse, comme il n’avait jamais eu vraiment d’autres intérêts que de trouver comment se procurer son prochain fixe. Les sous-entendus de morsure le firent rigoler intérieurement. Personne ne savait rien. Lui non plus, il n’aurait jamais su si on ne lui avait pas montré. Comment pouvaient-ils être tous aussi aveugles?

Le jeune homme leva les yeux pour voir la femme penchée par-dessus son bar, vers lui. Il dut refréner un mouvement de recul, il ne l’avait pas vue arriver, lui qui était concentré sur sa son verre, sa clope et ses pensées. Amy, qu’elle s’appelait, lui sourit. Il ne sut pas vraiment pourquoi ou ce qu’elle voulait. C’était probablement pour l’encourager avec son “problème de rats”. Elle partit alors, les laissant converser de ce qui l’intéressait en fait. Castiel lui donna alors un conseil auquel il ne s’attendait pas. De la rage? Il en avait depuis aussi loin qu’il se rappelait. La rage quitterait son corps en même temps que son dernier souffle. Peut-être manquait-il d’expérience, certes, pas de doute. Willer, qui faisait cela depuis 11 ans, savait probablement mieux que lui de quoi il en retournait, mais la rage qui l’habitait était bénie et nécessaire. Jeremiah se tourna légèrement vers son interlocuteur qui pointait ses cicatrices comme preuves. Il avait probablement raison, il y en avait probablement plus qu’il ne pourrait jamais imaginer, les tuer alors… Il ne faisait peut-être pas le poids. Le jeune hunter se renfrogna. Il ne sut pas vraiment ce que lui proposait ce collègue. De l’aide? Une oreille? Il ne savait pas trop quoi en penser. Oui, cet homme savait plein de choses qu’il pourrait lui enseigner. Il savait également mieux que quiconque ce qu’il vivait. Cependant, était-ce assez pour lui faire confiance? Il ne l’avait jamais vu avant cette soirée… Et Jeremiah savait qu’il n’était pas un joueur d’équipe. Il avait toujours fait son petit chemin seul ou enfin presque. C’était une offre un peu trop belle pour être vraie. Il détourna le regard, sentant ses défenses se rebâtir d’un coup. «Ça me dérange pas d’être tout seul. Je les tuerai tous ou je vais crever en essayant. » Il n’y avait aucun doute là-dessus, il savait depuis le début qu’il finirait par en mourir. Il pouvait mourir à chaque altercation, mais il n’avait pas peur. Il savait qu’il irait dans un monde meilleur, sans vampire, sans souffrance, il accueillerait la mort comme une douce aiguille dans le bras. Il n’avait pas envie de trouver le chemin jusqu’à la maison de ce mécano. Le changement était toujours un mauvais signe et il ne voulait pas en entendre parler. Il voulait continuer de faire son affaire seul, sans qu’on le dérange, sans avoir un vieux dans les pattes. Il s’attendait à ce que l’autre hunter s’en aille par la suite, découragé par son attitude solitaire. Mais il ne pouvait tout simplement pas faire confiance à quelqu’un comme ça.
avatar
Jeremiah Drysdale
Modétareur
Modétareur

Citation : sans commentaire.
Masculin Messages : 107
Bloods : 109
Date d'inscription : 01/03/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Castiel Willer le Mer 17 Sep - 13:29

Castiel avait décelé la haine dans le cœur du jeune homme. Il avait été comme lui autrefois. Quand il avait du faire la chose la plus horrible de sa vie, il s'était senti vidé de toute sensibilité, en lui une colère noire. C'était un sentiment qui l'avait longuement suivi durant sa jeunesse, à 17 ans, il refusait de voir la vérité, les vampires ne disparaîtraient jamais de la surface de la terre et pour lui c'était d'une manière, invivable. Il avait acquis la capacité de les reconnaître et les voyait partout, dans les bar, dans la rue, dans les magasins, les hôtels, les voitures, à la tête de grande société ! Ça le rendait malade, ils devaient tous mourir sinon, il serait devenu fou. Mais avec le temps, il avait fini par accepter, Castiel savait comment accepter. Il avait appris à accepter tant de chose, la mort, la solitude, la douleur et l'abandon. Car son Dieu l'avait abandonné et il combattait seul. Ce fut ainsi que le jeune Hunter qu'il était avait étouffé sa colère noire pour un sentiment d'abandon. Sa façon de chasser s'était métamorphoser, il ne chassait plus par haine, mais par besoin de maintenir un équilibre, c'était peut être inutile, stupide, cependant, il n'avait jamais mieux chassé ainsi qu'avec la haine. Voici la leçon qu'il en avait tiré.
Instinctivement, il se prit alors d'affection pour ce gamin dans lequel il se retrouvait un peu. Celui-ci enchaîna sur sa rage de tous les tuer, seul ou pas, en mourir ou pas. Castiel se dit qu'il était peut être pas assez mur pour comprendre, il ne le forcerait à penser comme lui, car il y avait de fortes chances pour que le jeune Hunter finisse par comprendre de lui même. Castiel sourit en coin, quelques dents apparurent entre ses lèvres haussés, il croisa les bras et fixa le garçon quelques secondes. Il l'avait rencontré par pur hasard, si ça se trouvait, le gamin aussi s'était retrouvé là par hasard. Ou pas. Peut être que dieu avait finalement changé d'avis lui aussi, peut être qu'il donnait enfin un coup de pied dans le tas de merde qu'il avait imposé à Castiel. C'était la première fois que le mécano rencontrait à proprement parler un Hunter comme lui. Autre fois il les entrevoyait car tout comme lui, ils se cachaient. Mais à cet instant même il se dit que la rencontre avec le gamin avait été trop facile, et c'était étonnant. Mais il fallait le voir comme un signal. Depuis le temps qu'il était seul, ils étaient maintenant deux, Castiel ne laisserait filer ça pour rien au monde. Il fallait qu'il s'allie avec ce gamin car si jamais les gens comme eux ne décidaient pas de se mettre ensemble pour mener une réelle bataille contre les ''rats'', l'équilibre qu'aurait pu connaître un jour l'humanité s'effondrait.

« Mh, euh... Quel est ton nom ? »

il fit une pause et reprit :

« Je pense qu'aucun de nous ne devrait chasser seul à présent. Depuis le temps que je chasse, à part dans un court périmètre aucun changements n'est réellement visible. Ces choses vivent tranquillement et se croient seul maître de cette terre. Ce n'est plus possible. Ils sont nombreux alors nous le seront aussi. Je ne sais pas ce que tu en penses gamin, mais je ne peux pas collectionner les cicatrices sur mon visage si c'est n'y voire aucun changements à l'avenir. »

Il plongea ses yeux turquoises dans ses yeux sombres, ayant l'air le plus sérieux du monde.

« Je crois Jeremiah, que grâce à toi, une révolution va commencer. Réfléchis bien et je sais que tu feras le bon choix. Mais j'ai besoin de soldat, de bon soldat, nous montons une armé. »

Putain, il voyait déjà toute l'organisation arrivée, ils auraient besoin d'un lieu, d'un refuge ou se concerter. Ils auraient besoin d'un signe pour se reconnaître et surtout ils auraient besoin de s'allier. La tache serait longue mais comme il l'avait dit plus jamais il ne voudrait guérir d'une balafre si ce n'est pas pour constater un résultât ensuite.

« J'aurai besoin de toi chasseur. C'est la première fois que j'ai pu réellement parler avec quelqu'un qui sait et qui se bat comme moi. J'avais conscience que je n'étais pas le seul Hunter, mais justement, le fait est que les Hunter se cachent et je ne les ai jamais traqué eux. Mais je me rend compte qu'on ne cherche pas les bonnes personnes depuis le début. C'est bien beau de tuer des vampires, mais si nous sommes plusieurs à le faire, pourquoi nous n'agissons pas ensemble ? Si nous nous sommes rencontré aujourd'hui ce n'est pas pour rien. Peut-être que Dieu décide d'enfin bouger son cul. Si tu veux rejoindre le mouvement, viens me voir un jour au garage, pour l'instant j'ai besoin de réfléchir. Quoi qu'il en soit, il s'alluma une cigarette, on a besoin de tout chasseur, et surtout pour commencer, là j'ai besoin de toi gamin. »

Il se leva donc, le salua en lui souriant

« Je te rachèterai des clopes si il faut ! »

Il se dirigea vers la sortie. Là il sentit que la donne allait changer. Il toucha son visage et caressa du bout des doigts ses nombreuses cicatrices, elles ne seraient plus vaines.



Surprise mon con ! La vie est pas si moche tu vois ?
« Ta gueule dieu, je t'emmerde. »
avatar
Castiel Willer
Administrateur
Administrateur

Citation : Et ma clé à molette dans ta gueule.
Masculin Messages : 376
Bloods : 193
Date d'inscription : 10/02/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Jeremiah Drysdale le Sam 11 Oct - 17:46

On ne pouvait pas dire qu’il n’avait jamais entendu la leçon auparavant. Lorsqu’il était en sevrage, Fergus l’avait obligé à se présenter à ces espèces de groupes de support débile. Il en avait entendu des bonnes là-bas. On lui avait dit que la colère n’était jamais la réponse. Il avait toujours déduit que c’était des balivernes. La rage avait été la seule chose assez forte pour lui permettre de continuer à se tenir debout et se lever de son lit. La rage l’animait chaque jour et sans elle il serait bien mort depuis longtemps. Bizarrement, les conseils du hunter plus expérimenté ne lui donnaient pas autant envie de recourir à la violence physique tout d’un coup. Peut-être parce qu’il comprenait, lui. Il n’était pas un quinquagénaire bedonnant dans un tricot vert pomme. Il savait ce qu’il y avait dehors et il le combattait depuis plus d’une dizaine d’années. Il pouvait ne pas être d’accord avec tout ce que ce type disait, il ne pouvait pas faire autrement que l’admirer. Cela ne voulait pas dire qu’il allait se jeter dans ses bras comme un gamin qui ne faisait que chercher quelqu’un pour le guider. Il n’était plus comme ça. Il n’allait pas s’ouvrir à n’importe qui. Il y avait tant de chose que Jeremiah aurait pu dire à cet homme, mais il se contenta de lui donner son nom de manière récalcitrante lorsqu’il lui demanda, juste son prénom en fait, ce n’était pas comme s’il allait essayer de le trouver dans le bottin, il n’avait pas le téléphone de toute façon.

Mais ce n’était pas vraiment ce qui semblait intéresser Castiel qui s’engagea alors dans un discours digne d’un film. Il se surprit alors à le regarder avec des grands yeux de merlan frit. Ce gars, il était complètement fêlé, mais fêlé dans le bon sens du terme. Il parlait de révolution, d’armée. Il parlait comme s’ils pouvaient changer le rapport de force entre ces bestioles et eux. C’était de très belles paroles, même lui avouait cela. Sa cigarette s’était probablement éteinte dans sa main alors qu’il écoutait tout ça. Ça n’arrêtait plus, ce flot de paroles. Le jeune homme se sentait presque convaincu, ce gars aurait probablement pu vendre de la glace à un inuit, c’était un vrai beau parleur. Ça sonnait si facile, si bien. Était-ce vraiment un signe de Dieu? Était-ce plus que le hasard s’il se retrouvait en face de cet autre hunter… Le coup de grâce fut de l’entendre dire quelque chose qu’il n’avait pas entendu depuis il ne savait combien d’années. Il avait besoin de lui. Cet inconnu venait de lui dire qu’il avait besoin de lui. C’était peut-être du vent, mais il l’avait dit avant tant de facilité, même avec une promesse de clopes.

Il le regarda s’en aller, sans dire goutte. Jeremiah restait abasourdi par ce qu’il avait entendu. Il avait toujours cru qu’il ne travaillait pas bien équipe, il n’avait jamais été attiré par la compagnie d’autres êtres humains en fait, et voilà qu’il avait eu cette envie débile de suivre ce gars comme un bébé canard pendant un instant… Juste un court instant en fait. Voilà qu’il ne savait plus trop quoi faire, quoi penser…

Le jeune hunter continua alors à fixer la porte menant vers l’extérieur, tentant de prendre en compte tout ce qui venait de se dire dans le moment. Était-ce une bonne idée d’aller voir ce type? Était-ce vraiment son genre de s’associer à d’autres comme ça? Peut-être s’était-il fait avoir par de la nicotine et de belles paroles. Lui aussi avait besoin d’y penser. Peut-être que son manque de succès des derniers jours le rendait désespéré. Il n’en savait fichtre rien… Il soupira alors, non mais sérieusement, ce mec était totalement fêlé.
avatar
Jeremiah Drysdale
Modétareur
Modétareur

Citation : sans commentaire.
Masculin Messages : 107
Bloods : 109
Date d'inscription : 01/03/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une bière, des clopes, une rencontre. [PV : Jeremiah Drysdale]

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum